Une cheminée ancienne qui fume, un insert qui manque de tirage ou un changement d’appareil de chauffage : dans la plupart des cas, la solution passe par un bon tubage. Dans la région lyonnaise, où les immeubles de la Croix-Rousse ou les maisons de ville des Monts d’Or affichent des conduits centenaires, c’est même devenu un réflexe sécurité pour éviter les intoxications au monoxyde de carbone ou les feux de cheminée.
Tuber, c’est gainer un conduit existant avec un tube étanche et résistant à la chaleur. Résultat : un tirage optimisé, un meilleur rendement et surtout une installation qui respecte les normes en vigueur – la fameuse NF DTU 24.1. Voici des repères tarifaires complets, un comparatif des matériaux, un exemple de devis détaillé, un guide d’installation pratique et une checklist pour éviter les erreurs.
Combien coûte un tubage de cheminée ?
Difficile de donner un chiffre unique : le prix dépend avant tout du matériau choisi, du diamètre nécessaire et de la complexité du chantier. Commençons par les bases, avec un découpage par type de produit puis par projet concret.
Prix au mètre linéaire selon le type de tubage
Voici les fourchettes moyennes constatées en 2026 pour l’achat du matériau seul (hors pose). Ces prix peuvent légèrement varier selon les distributeurs et les régions, mais ils donnent une bonne base pour comparer.
| Type de tubage | Prix au mètre linéaire (fourniture seule) |
|---|---|
| Flexible inox | 30 à 60 € |
| Rigide inox | 50 à 100 € |
| Double paroi | 100 à 200 € |
Le flexible inox représente l’entrée de gamme, parfait pour un gainage dans un conduit existant droit ou peu dévoyé. Le rigide, plus solide, est souvent retenu pour les conduits déformés ou lorsque le tubage traverse des zones non chauffées. Quant au double paroi, il est indispensable pour les installations traversant des combles ou des étages habités, car son isolation intégrée évite les condensations et les risques d’incendie.
Prix total pour un projet classique
Pour une hauteur de 6 mètres – une situation assez typique dans une maison de deux niveaux – le budget pose comprise se situe généralement entre 800 et 2500 €. Voici des repères concrets :
- Tubage flexible inox seul : entre 800 et 1200 € pose comprise, pour un conduit facilement accessible et sans dépose préalable.
- Tubage rigide inox : autour de 1400 à 1900 €, main-d’œuvre incluse.
- Tubage double paroi : de 1800 à 2500 €, surtout si l’accès en toiture est compliqué ou qu’un débistrage est nécessaire.
Ces montants incluent la fourniture, la pose par un fumiste qualifié, les raccordements et l’étanchéité. La TVA applicable en rénovation est de 10 %, un point à vérifier sur votre devis.
Les facteurs qui font varier le devis final
Plusieurs éléments viennent gonfler – ou parfois alléger – la note. L’accessibilité joue un rôle majeur : si votre toit est très pentu ou que le conduit se trouve au centre de la maison, le professionnel devra sécuriser son intervention, ce qui pèsera sur le prix. La hauteur totale du conduit est un multiplicateur direct. Le diamètre nécessaire (130, 150, 180 mm, voire plus) influence le coût de la fourniture. Enfin, l’état du conduit existant peut vous imposer un débistrage préalable, surtout s’il est trop étroit ou déformé ; comptez alors un supplément de 300 à 600 €.
Les matériaux et types de tubage : quel impact sur votre budget ?
Chaque matériau répond à un cas d’usage précis. Mettre le bon produit au bon endroit, c’est éviter de payer deux fois – et c’est aussi chauffer en toute sécurité tout l’hiver.

Tubage flexible inox
Léger, maniable, il se déroule depuis le haut ou le bas du conduit. Il convient parfaitement aux conduits rectilignes ou avec de légères courbes. Son principal atout ? Un prix abordable et une pose rapide. En revanche, il résiste moins bien aux hautes températures prolongées et n’est pas adapté aux conduits extérieurs ou très froids. Pour un poêle à bois classique, c’est souvent le choix de raison.
Tubage rigide inox
Constitué de tronçons emboîtables, il garantit une parfaite étanchéité et une excellente longévité. Il supporte mieux les températures élevées que son cousin flexible. On le recommande pour les conduits dévoyés ou lorsqu’on veut tuber un conduit en plusieurs sections distinctes. Son prix plus élevé s’explique par une fabrication plus coûteuse et une pose un peu plus longue.
Tubage double paroi
Il s’agit de deux tubes concentriques séparés par un isolant thermique. Obligatoire si votre conduit traverse des combles non chauffés, un étage habité ou en cas de sortie de toit encastrée. L’isolation empêche la condensation des fumées acides qui, à terme, rongent l’inox simple. C’est le haut de gamme en matière de sécurité et de performance.
Tubage dans un conduit existant : particularités
Tuber, c’est justement gainer un conduit déjà construit. Cela suppose que ce dernier soit en bon état général et étanche. Si le conduit est trop étroit pour le diamètre requis, un débistrage s’impose : retirer une partie de la paroi intérieure pour gagner quelques centimètres. C’est onéreux mais parfois inévitable. Un bon fumiste saura vous conseiller dès l’inspection vidéo du conduit.
Exemple de devis de tubage commenté
Pour éviter les mauvaises surprises, rien ne vaut un décorticage de devis réel. Voici un exemple représentatif d’un chantier à Lyon, pour le tubage d’un conduit existant de 6 mètres, avec un flexible inox diamètre 150 mm et une trappe de visite en bas. Les prix s’entendent hors aides éventuelles.
Checklist et étapes pour tuber votre cheminée
Avant de signer un devis, prenez le temps de la préparation. Voici une boussole en deux temps : d’abord, les 10 points de vérification incontournables, puis la mécanique de pose expliquée simplement.

Avant de vous lancer : les 10 points de vérification
Voici la checklist à suivre scrupuleusement. Chaque point mérite une vérification ou une question à votre artisan.
- [ ] 1. Faire ramoner le conduit – Un ramonage récent est la première étape pour voir l’intérieur et sécuriser le chantier.
- [ ] 2. Inspecter l’état du conduit – Fissures, traces d’humidité ou joints dégradés doivent être repérés avant de tuber.
- [ ] 3. Choisir le type de tubage adapté – Flexible, rigide ou double paroi : tout dépend de votre appareil et de la configuration.
- [ ] 4. Vérifier les réglementations locales – La norme NF DTU 24.1 impose des distances de sécurité et des règles d’installation précises.
- [ ] 5. Prendre les cotes – Mesurez précisément la hauteur et surtout le diamètre intérieur du conduit.
- [ ] 6. Demander au moins 3 devis – Exigez la qualification RGE pour les aides et la certification du matériel.
- [ ] 7. Vérifier les certifications du tubage – Un marquage CE est obligatoire ; l’inox doit être adapté au bois (au moins 304 voire 316L).
- [ ] 8. S’assurer de la compatibilité avec le conduit – Le tubage doit coulisser sans forcer dans le conduit existant.
- [ ] 9. Prévoir le débistrage si nécessaire – Si le conduit est trop étroit, anticipez le surcoût dans votre budget.
- [ ] 10. Vérifier l’éligibilité aux aides – MaPrimeRénov’ peut financer une partie des travaux si l’appareil de chauffage est remplacé en parallèle.
Les étapes clés de la pose d’un tubage
Même si je vous recommande chaudement de faire appel à un fumiste qualifié, comprendre les étapes vous aidera à dialoguer avec lui. Voici les grandes phases :
- Préparation du conduit – Le professionnel ramone puis inspecte l’intégralité du conduit, souvent avec une caméra. Si le diamètre est insuffisant, un débistrage mécanique est réalisé.
- Mise en place du tubage – Le tube est introduit par le haut (depuis le toit) ou par le bas (en poussant), selon l’accessibilité. Chaque tronçon rigide ou mètre de flexible est descendu avec précaution.
- Raccordement à l’appareil – Une buse ou un té de raccordement fixe solidement le tubage à la sortie du poêle ou de l’insert, avec un collier étanche.
- Étanchéité et isolation – Les extrémités sont calfeutrées avec un matériau résistant à la chaleur. Pour le double paroi, l’isolation est vérifiée sur toute la longueur.
- Contrôle et mise en service – Un test de fumée permet de repérer la moindre fuite avant la première flambée réelle. Le fumiste vous remet un certificat de conformité.
Réaliser ces opérations soi-même est risqué. Monter sur un toit, manipuler des tubes de 6 mètres, garantir une étanchéité parfaite… Une erreur et c’est l’intoxication ou l’incendie. Sans le certificat d’un professionnel, votre assurance peut refuser de vous couvrir.
Les 5 erreurs qui font flamber la facture (et comment les éviter)
Même avec la meilleure intention du monde, certains pièges guettent les propriétaires pressés. Voici les cinq principaux, et comment les contourner.
1. Négliger le ramonage et le débistrage avant tubage
Un conduit encrassé ou trop étroit empêche la bonne mise en place du tubage. Pire, les résidus de suie peuvent s’enflammer et endommager le nouveau tube. Le surcoût si l’on doit tout démonter pour rectifier ? Entre 200 et 500 €. Solution : imposer un ramonage mécanique et une inspection vidéo avant le début des travaux.
2. Choisir un diamètre inadapté
Un tubage trop petit bride le tirage, un trop grand refroidit les fumées et favorise la condensation. Dans les deux cas, vous risquez le refoulement et un remplacement prématuré. Solution : respecter scrupuleusement le diamètre préconisé par le fabricant de l’appareil, souvent 150 mm pour un poêle récent.
3. Oublier l’isolation autour du tubage
Surtout avec un tubage simple paroi dans un conduit traversant des combles froids. L’absence d’isolation provoque une condensation acide qui corrode l’inox en quelques saisons. Solution : opter pour un double paroi dès que le conduit traverse une zone non chauffée ou ajouter un manchon isolant si le conduit le permet.
4. Confondre tubage et gainage simple
Un flexible non certifié pour le chauffage au bois, ou une gaine de ventilation utilisée comme tubage, ne résistera pas à la chaleur d’un poêle. Solution : acheter uniquement des produits marqués CE et conçus pour l’évacuation des fumées de combustion.
Un projet bien préparé, c’est la garantie d’un chauffage performant et sécurisé sans mauvaise surprise.
Récapitulatif : votre projet de tubage en un coup d’œil
Retenez l’essentiel : pour un tubage, comptez un budget moyen entre 800 et 2500 € pose comprise, selon le type de tube et la complexité. Le diamètre 150 mm reste le standard et son prix oscille autour de 120 à 180 € par mètre installé. Comparez au moins trois devis, ciblez des professionnels RGE et munissez-vous de la checklist des 10 points de vérification avant de vous engager. Enfin, résistez à la tentation d’un tubage fait maison : la tranquillité d’un certificat de conformité ne se discute pas.
FAQ : vos questions sur le prix et la pose d’un tubage de cheminée

Quel prix pour faire tuber une cheminée ?
Pour un tubage complet (fourniture et pose), comptez entre 800 et 2500 € selon le type de matériau (flexible, rigide ou double paroi), la hauteur et la complexité d’accès. Ces prix incluent la main-d’œuvre et les raccordements.
Est-il obligatoire de tuber une cheminée ancienne ?
La loi ne l’impose pas systématiquement, mais la norme NF DTU 24.1 et les assureurs le recommandent fortement. Si le conduit est fissuré ou non étanche, le tubage devient indispensable pour prévenir les intoxications et les incendies.
Quel artisan pour tuber une cheminée ?
Faites appel à un fumiste certifié RGE (Reconnu Garant de l’Environnement), spécialiste des conduits de fumée. Il saura diagnostiquer votre installation, proposer le bon tubage et délivrer un certificat de conformité reconnu par votre assurance.
Puis-je tuber ma cheminée moi-même ?
Techniquement oui, mais c’est très déconseillé. Monter sur le toit, manipuler des tubes longs et assurer une étanchéité parfaite comporte des risques. Sans certification professionnelle, votre assurance peut ne pas couvrir un sinistre.
Quel est le prix d’un tubage de cheminée au mètre ?
Le prix au mètre linéaire dépend du matériau : 30-60 € pour du flexible inox, 50-100 € pour du rigide et 100-200 € pour du double paroi. Pose comprise, il faut ajouter 60 à 100 € par mètre.
Comment obtenir un devis de tubage ?
Contactez plusieurs fumistes RGE près de chez vous. Fournissez des photos du conduit, sa hauteur estimée et le type d’appareil. Un professionnel sérieux se déplacera pour une inspection avant de chiffrer le projet.
Quel diamètre choisir pour mon tubage ?
Le diamètre doit correspondre à la buse de sortie de votre poêle ou insert, généralement 150 mm pour les modèles récents. Un diamètre inadapté nuit au tirage et peut entraîner refoulement ou corrosion prématurée.
Quelles aides financières pour tuber une cheminée en 2026 ?
Le tubage seul n’est pas éligible, mais MaPrimeRénov’ peut financer l’installation si vous remplacez simultanément votre appareil de chauffage par un modèle performant. Consultez un conseiller France Rénov’ pour connaître les cumuls possibles.
Combien de temps dure un tubage ?
Un tubage en inox 316L bien installé peut durer plus de 20 ans, voire davantage pour le double paroi. Un ramonage bisannuel et une surveillance régulière prolongent sa durée de vie.
